Connaître les bases techniques de l'assurance - partie 1

Écrit par Datin. Publié dans Généralités sur l’assurance

Comment faire face aux risques ?

Assurance : définition et origines

Depuis la nuit des temps, les hommes sont confrontés à des risques de toutes sortes, d’origine naturelle ou humaine, et ils doivent y faire face pour assurer leur survie. Les moyens pour faire face à ces risques peuvent être mis en place soit individuellement, soit collectivement.

Moyens individuels :

La prévention :

Pour ne pas encourir un risque, le mieux est d’éviter sa survenance, c’est à dire de supprimer sa probabilité de réalisation. Si la prévention est parfaite, le risque devient inexistant. Malheureusement, toute prévention a ses limites et elle ne saurait être totale. Ainsi, malgré toutes les mesures de prévention prises par les autorités, les accidents d’automobiles font tous les ans de trop nombreuses victimes. Ainsi, malgré l’utilisation de plus en plus fréquente de matériaux ininflammables et de moyens de détection et d’extinction de plus en plus sophistiqués, les incendies ravagent tous les ans des habitations, des locaux commerciaux, collectifs ou industriels. Nous pouvons donc affirmer que la prévention est un moyen de limiter la fréquence des risques, mais qu’elle ne peut malheureusement pas les supprimer totalement.

L’épargne :

Plutôt que dépenser la totalité de ses revenus, l’homme peut en garder une partie pour faire face aux évènements qui peuvent porter atteinte à sa personne ou à son patrimoine. Ainsi une épargne constituée pendant la vie active constitue un capital qui sera utilisé lorsque les moyens physiques de l’homme ne lui permettront plus d’exercer une activité rémunératrice (le capital retraite).

Mais l’homme est-il assez prudent pour constituer seul cette épargne ?

Autre exemple, si le propriétaire d’une maison valant 200.000 € craint qu’elle ne brûle dans les 10 ans, il peut épargner chaque année 20.000 € pour la reconstruire en cas d’incendie. Mais le risque d’incendie peut se réaliser à la fin de la seconde année et l’épargne accumulée n’aura atteint que 20 % de la valeur totale de la maison, et il ne sera donc pas en mesure de la reconstruire.

Moyens collectifs :

L’assistance :

En dehors des formes modernes que nous connaissons de l’assistance et qui sont en fait une forme d’assurance, l’assistance consiste à avoir recours à la charité publique. Qui se voit aujourd’hui "faire la manche" dans le métro pour lui permettre de reconstruire sa maison incendiée ?

L’assurance :

C’est la mise en commun des risques des personnes d’un groupe, d’une population qui sont confrontées aux mêmes évènements aléatoires. C’est un mixage d’épargne préalable de tous et d’assistance à ceux qui ont été frappés par le sort. L’assurance permet donc à chacun, par un effort limité connu d’avance (la cotisation), d’avoir droit à l’indemnisation d’un risque que n’a pu éliminer la prévention.

D’où définition de l’assurance :

Opération par laquelle une partie : "l’assuré"

Se fait promettre, moyennant rémunération : "la cotisation"

À son profit ou au profit d’un tiers : "le bénéficiaire"

En cas de réalisation d’un aléa : "le risque"

Une prestation : "l’indemnisation"

Par une autre partie : "l’assureur"

Qui groupe un ensemble de risques : "la mutualité"

Et les compense conformément aux lois de la statistique

L’assurance est donc une mutualité de personnes
qui recherchent le même intérêt : la couverture d’un risque

Marmitte

Chaque assuré est concerné par la mutualité :

  • il "met des sous dans la marmite"
  • s’il est victime d’un sinistre, la marmite lui sera donnée en indemnisation.

Vous allez me dire que c’est naïf comme explication, mais c’est pourtant l’image de la réalité...!

Le risque assurable :

Le risque est un évènement :

  • Aléatoire,
  • Futur,
  • Incertain,
  • Indépendant de la volonté des parties,
  • Il doit être licite.

Le risque doit être futur :

S’il s’est déjà réalisé, il n’existe plus de risque aléatoire, mais un évènement connu donc inassurable. Ainsi, celui qui a déjà "cassé" sa voiture ne peut plus l’assurer.

Le risque doit être incertain :

Si la réalisation est certaine, ne s’assureront que ceux qui seront frappés, d’où impossibilité de répartir les pertes sur des non sinistrés (car il n’y aura pas assez de sous dans la marmite...). A l’inverse, si le risque n’a aucune probabilité de survenir, personne ne sera intéressé à la souscription d’un contrat d’assurance pour le couvrir. Exception : la mort d’une personne : si l’évènement est inéluctable, par contre, la date du décès est inconnue (heureusement..) et l’aléa repose sur cette incertitude.

Le risque doit être indépendant de la volonté des parties :

Si une personne met le feu volontairement à sa maison, la notion de risque disparaît et l’assurance ne joue pas (absence d’aléa).

Le risque doit être licite :

La loi interdit de couvrir des risques inhérents à des opérations illicites ou immorales.

Exemples :

  • assurer des marchandises volées ou passées en fraude
  • assurer le remboursement des amendes pénales ou fiscales
  • assurer l’annulation du permis de conduire (c’est autorisé dans d’autres pays mais pas en France)
  • assurer des activités illicites (trafics en tous genres, vente de ses charmes...)

attention

Le Code des Assurances veille au grain !

Tout ce qui ne répond pas à la définition ci-dessus du risque assurable
se retrouve dans les exclusions de tous les contrats d'assurance souscrits en France.

Encore faut-t-il les lire !